L‘étiquette de ma nuisette me gêne, la laine de mon écharpe me pique, la couture de ma jupe me gratte… parfois. Chez certain(e)s, la sensibilité est à fleur de peau, pour de vrai. Et s’habiller est un enfer. C’était le cas de Morgane. Aussi, l’idée la démangeait de créer sa marque de vêtements « doux »…

Largué, son emploi de banquière. Retour à Brest et retrouvailles avec ses désirs de jeunesse : créer, faire de ses mains, inventer. Pour Morgane, les contraintes sont des leviers et les fragilités, des opportunités. Donner naissance à cette marque de vêtements, c’est un peu comme entrer en résilience avec son corps. Pour soigner son eczéma, elle enchaîne les cures. Moments de soins au cours desquels elle rencontre d’autres femmes qui partagent une même problématique : comment faire lorsque s’habiller est source d’inconfort ? Sensibilité, maladies de peau, démangeaisons suite à une radiothérapie, autant de raisons qui rendent désagréable le contact avec la majorité des vêtements. Puisqu’on ne peut vivre nu, quel dommage, il fallait imaginer autre chose : créer une marque de vêtements « doux ». C’est l’histoire de Mayway.

De fil en aiguille

A la couture, Morgane n’y connaissait pas grand chose. Il y a 2 ans, elle s’inscrit donc à un atelier de couture et de patronage chez Salut les bobines. Elle n’envisage pas de fabriquer ses vêtements, mais cela lui permet de mieux les esquisser. Pour lancer son projet, elle est accompagnée par Entreprendre au féminin et s’entoure de personnes compétentes. Une ingénieure textile l’aide à chercher les tissus chez des fournisseurs, à démarcher les usines de fabrication. Des couturières modélisent les croquis, réalisent les prototypes de la première collection à partir des dessins. Ainsi naît la ligne Mayway. Des vêtements « homewear », amples pour certains, proches du corps pour d’autres (ce qui évite les frottements).

Il m’arrivait souvent de retourner mes vêtements pour ne pas être dérangée par les étiquettes et les coutures. Nous avons donc imaginé des vêtements avec des coutures plates et extérieures. Pour remplacer les étiquettes de composition, souvent source d’allergie, nous avons opté pour de l’impression à l’intérieur du vêtement.

Des vêtements en coton biologique

Doux pour la peau, doux pour l’environnement. C’est l’engagement de Mayway. Et pour le respecter, la marque vise le label européen GOTS, reconnu pour ses exigences sociales et environnementales. Pour que les vêtements soient labellisés, chaque maillon de la chaîne de production est audité par ECOCERT. De la production de coton (sans intrant chimique) à la vente du produit fini. Produit en Turquie, le coton sera transformé en Allemagne et au Portugal parce qu’il n’existe pas, à ce jour, d’usines labelisées GOTS en France. Dommage. C’est la raison pour laquelle MAYWAY ne sera pas une marque 100% « made in France » malgré la volonté initiale de Morgane.

Aujourd’hui, la première collection est validée par les usines de façonnage. Mayway a lancé une campagne de financement participatif sur Ulule. Avec un objectif à atteindre de 5000 euros, Morgane espère ainsi lancer la production. Et pour soutenir le projet, c’est par ici : https://fr.ulule.com/mayway/

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Rédactrice Julie Lefèvre